
Une semaine après la reprise de la cité de Bule par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les salles de classe restent désespérément vides. Dans cette entité du territoire de Djugu, en province de l’Ituri, les activités scolaires n’ont toujours pas repris, plongeant des milliers d’enfants dans une incertitude préoccupante après plus d’un mois d’occupation par les miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).
Face à cette situation, le Parlement des jeunes de l’Ituri exprime sa vive inquiétude quant à la privation prolongée du droit à l’éducation des enfants de Bule et des localités environnantes. L’organisation appelle le gouvernement congolais à restaurer une sécurité totale afin de permettre un retour rapide et sécurisé des élèves sur les bancs de l’école.
Nana Mungambo, chargée de la commission Genre, Famille et Enfant au sein du Parlement des jeunes, dénonce une situation alarmante qui, selon elle, expose les enfants à de multiples risques.
« L’absence prolongée de l’école expose les enfants à l’errance, aux violences et à l’obscurité. L’éducation reste pourtant un pilier essentiel pour la paix durable, la cohésion sociale et le développement », a-t-elle déclaré.
Elle plaide pour une sécurisation effective et durable de la région, la réouverture immédiate des écoles, ainsi que l’implication urgente du gouvernement provincial et des partenaires humanitaires afin d’assurer la protection et l’assistance des enfants affectés par cette crise sécuritaire.
Sur le terrain, l’armée nationale a délogé, vendredi 16 janvier dernier, les miliciens de la CRP de la cité de Bule, après plus d’un mois d’occupation. Les FARDC ont ensuite poursuivi des opérations de ratissage à Bule-centre et dans la plaine de Savo, où des milliers de personnes déplacées se sont installées ces dernières semaines.
Selon des sources locales, après leur défaite à Bule-centre, certains éléments de la CRP se seraient repliés vers les villages Kau, Liri et Wiri, ainsi que vers le groupement Sumbuso, dans la chefferie des Bahema-Nord, à une vingtaine de kilomètres de Bule-centre.
Alors que les armes se sont tues à Bule, l’urgence reste désormais sociale et éducative. Pour le Parlement des jeunes de l’Ituri, la restauration complète de la sécurité et la reprise rapide des activités scolaires constituent un test crucial pour éviter une génération sacrifiée et préserver l’avenir de cette province longtemps meurtrie par les violences armées.
Augustin Ndjabu, depuis Bunia



