Le Secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, a exprimé sa vive inquiétude face à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, estimant que chaque jour qui passe rend plus difficile la récupération des territoires sous contrôle des groupes armés.
Intervenant lundi lors d’un Space organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le prélat a souligné que l’enlisement du conflit risque d’avoir des conséquences durables sur l’intégrité territoriale du pays.
Selon lui, l’une des principales préoccupations réside dans le fait que les structures administratives mises en place dans les zones occupées continuent de se renforcer au fil du temps.« Plus le temps passe, plus l’administration des zones occupées se consolide », a-t-il déclaré, alertant sur le danger d’une normalisation progressive de cette situation.
Pour Mgr Nshole, cette réalité pourrait compliquer davantage les efforts futurs visant à rétablir pleinement l’autorité de l’État dans ces territoires.Le Secrétaire général de la CENCO estime que l’État congolais peine actuellement à garantir la préservation de l’intégrité territoriale du pays.
Dans ce contexte, il appelle à une réflexion urgente sur les mécanismes pouvant permettre de mettre fin au conflit avant que la situation ne devienne irréversible.Face aux critiques accusant l’Église catholique de favoriser le dialogue avec les groupes rebelles, Mgr Nshole a réaffirmé que la CENCO n’a jamais soutenu une quelconque rébellion.
Il a rappelé que l’Église a, à plusieurs reprises, condamné les groupes armés et plaidé pour le renforcement des capacités des forces de défense congolaises.
Toutefois, a-t-il insisté, la recherche d’une solution politique ne doit pas être perçue comme une marque de faiblesse.
S’appuyant sur la doctrine sociale de l’Église ainsi que sur les récentes déclarations du Pape affirmant que « la guerre n’est pas la solution », il a défendu la nécessité du dialogue afin d’éviter un conflit prolongé.
Pour la CENCO, le risque majeur aujourd’hui est de voir le temps jouer en défaveur de la RDC. Plus la crise perdure, plus les chances de restaurer rapidement l’autorité de l’État sur les territoires occupés s’amenuisent.
C’est pourquoi Mgr Nshole appelle les acteurs politiques et militaires à agir avec responsabilité afin d’éviter qu’une partie du pays ne s’éloigne durablement du contrôle de l’État congolais.
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