Les Forces démocratiques alliées (ADF) figurent désormais parmi les groupes armés les plus meurtriers affiliés à l’État islamique. C’est ce que révèle le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo publié ce 30 juin 2026 , qui classe les ADF comme le deuxième groupe affilié à Daech ayant causé le plus grand nombre de victimes civiles dans le monde.
Selon ce rapport, plus de 1 000 civils ont été tués par les ADF au cours de l’année 2025, confirmant une dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC malgré les opérations militaires menées contre le groupe.Deux attaques d’une violence extrême illustrent cette escalade. En novembre 2025, 71 civils ont été massacrés lors de funérailles à Nturo. Quelques mois plus tôt, le 26 juillet 2025, 41 fidèles avaient été tués dans une église à Komanda.
Ces deux massacres sont attribués à la cellule d’Abwakasi, considérée comme la plus meurtrière des ADF, avec plus de 600 civils tués à elle seule au cours de l’année.Le rapport souligne également que les ADF ne se limitent plus à leurs bastions traditionnels. Sous la pression des offensives militaires, le groupe a progressivement étendu son rayon d’action vers l’ouest, notamment dans les provinces du Haut-Uélé et de la Tshopo, où la présence des forces de sécurité demeure limitée.
Cette expansion accroît la vulnérabilité des populations vivant dans ces zones faiblement contrôlées par l’État.Les experts estiment par ailleurs que l’opération militaire conjointe Shujaa, menée par les armées congolaise et ougandaise, n’a pas permis de neutraliser durablement le mouvement. En repoussant les combattants loin de la frontière ougandaise, cette offensive aurait favorisé leur dispersion vers de nouveaux territoires, compliquant leur traque et exposant davantage de communautés civiles aux attaques.
Cette évolution se reflète dans les statistiques les plus récentes. En mars 2026, plus de 90 civils ont été tués en un seul mois lors d’attaques attribuées aux ADF, soit le bilan mensuel le plus élevé enregistré au cours des six mois précédents.
Face à cette menace persistante, le Groupe d’experts de l’ONU appelle à un renforcement des dispositifs de protection des populations civiles, à une meilleure coordination des opérations de sécurité et à une réponse adaptée à l’évolution de la stratégie des ADF, dont la capacité de nuisance demeure particulièrement élevée malgré plusieurs années d’offensives militaires.
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