À Goma, la lutte contre l’insalubrité s’organise davantage. Ce jeudi 24 septembre 2026, le conseiller principal du gouverneur en charge de la santé, le Professeur Dr Julien Gashegu Kagabo, a présidé une réunion stratégique consacrée à la gestion des déchets urbains.
Tenue dans la grande salle de la Division provinciale de la santé (DPS), cette rencontre a réuni les acteurs du secteur sanitaire ainsi que les responsables des sociétés Vision Net et ASHAP, chargées de l’évacuation des immondices.
Objectif affiché : renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes afin d’améliorer durablement la salubrité de la ville. « Nous voulons maintenir Goma propre. Cet échange vise à mutualiser les efforts entre les services de santé et les sociétés d’assainissement pour atteindre cet objectif », a déclaré le représentant du gouverneur Bahati Musanga Erasto, à l’issue des travaux.
Au-delà de la simple évacuation, les autorités insistent sur la valorisation des déchets. « Les déchets constituent une richesse, au même titre que l’or ou le cuivre, lorsqu’ils sont recyclés et transformés », a-t-il ajouté, appelant à une gestion plus innovante et productive.
Présent à ces assises, le Chef de Division Unique à la mairie, Alexis Ndalihoranye, a dressé un état des lieux de l’assainissement urbain, évoquant l’évolution du système depuis les précédentes administrations jusqu’à l’actuel dispositif mis en place sous l’AFC/M23.
Il a rappelé que la gestion des déchets est désormais confiée à deux sociétés partenaires : Vision Net dans la commune de Goma et ASHAP dans celle de Karisimbi. Ces dernières assurent notamment la collecte, le balayage, l’évacuation, l’entretien des espaces verts ainsi que le recouvrement de la taxe d’assainissement.Selon lui, ce partenariat a permis une amélioration globale de la gestion des déchets dans la ville.
Cependant, plusieurs défis persistent. Les responsables des deux sociétés ont pointé du doigt le faible taux de paiement de la taxe d’assainissement, estimé entre 25 et 30 %, ce qui limite considérablement leurs capacités d’intervention.
À cela s’ajoute le non-respect des calendriers de collecte par certains ménages, entraînant des dépôts anarchiques d’ordures, notamment après le passage des camions.Les marchés pirates figurent également parmi les sources majeures de déchets, souvent déversés dans des parcelles privées ou des espaces communautaires.
Une situation qui expose les populations, en particulier les enfants, à des risques sanitaires, dont les épidémies de choléra.Face à ces défis, les participants ont formulé plusieurs recommandations à l’intention des autorités provinciales, notamment l’identification et l’aménagement d’un site sécurisé pour servir de dépotoir public.
Ce site pourrait également accueillir des activités de recyclage et de transformation des déchets afin de réduire leur accumulation.
Outre les acteurs du secteur sanitaire et les sociétés d’assainissement, cette réunion a également connu la participation du conseiller du gouverneur en charge des questions économiques et financières, Aimable Muhawe, des bourgmestres ainsi que des agents de l’assainissement et de la DPS.
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