Dans une déclaration publiée ce lundi 12 octobre sur son compte X, la présidente de la COFEDEC dénonce une classe dirigeante qu’elle juge irresponsable et interpelle le gouvernement sur les urgences du pays.
Filia Tshipasa Kahindo, membre de la plateforme Sauvons la RDC et présidente du parti Convention des Fédéralistes pour la démocratie chrétienne (COFEDEC), a réagi ce lundi 12 octobre au discours de l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
Pour elle, « l’élite congolaise a démissionné », perdue « entre inconscience et irresponsabilité » dans des discours creux pendant que la population souffre.
Un discours salué, des attaques dénoncéesLa responsable politique dit saluer « la clarté et le courage » de l’intervention de celui qu’elle appelle Président Honoraire.
Selon elle, les réactions des tenants du pouvoir traduisent la panique de dirigeants qui craignent de perdre leurs postes et leurs privilèges, alors que « le peuple agonise depuis 7 ans ».
Elle appelle ceux qui s’en prennent à l’ancien chef de l’État à faire preuve de « cohérence intellectuelle » et à enseigner aux jeunes générations une critique « objective, basée sur des faits, avec ses actifs et ses passifs ».
Filia Tshipasa Kahindo appelle également à une critique objective du bilan de l’ancien chef de l’État, fondée sur les faits, en tenant compte aussi bien de ses réalisations que de ses échecs. Elle estime que les attaques personnelles contre Joseph Kabila ne contribuent pas à résoudre les difficultés du pays.
Dans sa déclaration, elle évoque notamment les inondations récurrentes à Kinshasa, les problèmes d’approvisionnement en électricité imputés à la SNEL, l’insécurité urbaine attribuée aux Kuluna et aux membres des « Forces du progrès », ainsi que les violences des ADF en Ituri, dans le Haut-Uele et à Beni.
Elle dénonce également les affrontements impliquant les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes Wazalendo, s’interrogeant sur les conséquences de ces violences pour les populations de l’Est du pays.
« Messieurs les membres du gouvernement, mettez-vous au travail ! L’heure du bilan va sonner », lance-t-elle, estimant que répondre aux déclarations d’un ancien président ne constitue pas la mission prioritaire des dirigeants en fonction.
Elle précise que cette liste « n’est pas exhaustive ».« L’heure du bilan va sonner »
Évoquant le passage de Joseph Kabila à la tête de l’État, elle affirme qu’il « assume son héritage » : la renaissance et la réunification du Congo « des cendres de la dictature de Mobutu ».
Elle rappelle la « lourde responsabilité d’un Chef d’État ».S’adressant aux membres du gouvernement, elle les exhorte à « se mettre au travail » : répondre au discours d’un ancien président n’entre pas, selon elle, dans leur cahier des charges.
« L’heure du bilan va sonner », avertit-elle.Une question aux anciens collaborateurs
Elle termine par une interpellation de ceux qui ont géré le pays pendant 18 ans aux côtés de Joseph Kabila et l’attaquent aujourd’hui : « Que doivent retenir les Congolais de vous ? »
À force de tout renier « par opportunisme pour sauver vos ventres », conclut-elle, « vous finissez par vous renier vous-mêmes ».
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