
HEINEKEN N.V. a annoncé avoir conclu un accord pour céder sa brasserie historique de Bukavu à Synergy Ventures Holdings Ltd, une société mauricienne contrôlée par un groupe d’entrepreneurs actifs dans la région.
Le montant de la transaction est symbolique 1 euro. La finalisation de la cession est attendue d’ici la fin de l’année, selon le communiqué officiel publié par le groupe néerlandais.
Ce désengagement intervient après la perte de contrôle opérationnel du site en juin 2025, dans un contexte marqué par la dégradation sécuritaire et la prise de Bukavu par la rebellion de l’AFC/M23 quelques mois plus tôt.
Un geste présenté comme humanitaire pour protéger employés et communauté
Dans son communiqué, HEINEKEN explique que cette décision répond à un impératif humanitaire :
« Cette cession fait suite à la perte de contrôle opérationnel de la brasserie en juin 2025 et répond à un objectif humanitaire visant à préserver les emplois et les moyens de subsistance, à maintenir les services essentiels à la communauté et à prévenir toute utilisation abusive des installations dans un contexte sécuritaire instable. »
Bien que la production ait été suspendue dès février 2025 en raison de l’insécurité et des pillages liés au conflit, le groupe affirme avoir continué à payer l’intégralité des salaires de ses employés de Bukavu.
Après la cession, Synergy Ventures Holdings Ltd deviendra entièrement responsable de l’exploitation de la brasserie, ainsi que de la sécurité du site,du bien-être des employés, du respect des obligations fiscales vis-à-vis de l’État congolais.
HEINEKEN conservera toutefois une option de rachat valable trois ans, activable si la situation permet une exploitation viable du site.
La brasserie de Bukavu, ouverte il y a 75 ans, était l’une des plus anciennes du réseau Bralima, filiale congolaise de HEINEKEN.
Elle avait démarré ses activités au début des années 1950 et faisait partie des infrastructures industrielles les plus importantes de la province du Sud-Kivu.
Cette fermeture fait écho aux difficultés déjà rencontrées par Bralima dans le passé
en 2016, deux usines Mbandaka et Boma avaient été contraintes de cesser leurs activités en raison d’une pression fiscale croissante, du coût élevé de l’eau et de l’électricité et de la dépréciation continue du franc congolais. Outre Bukavu, la Bralima dispose toujours de brasseries à Kinshasa, Kisangani, Mbandaka et Lubumbashi.
Jean Aimé Kikandi


