
Depuis le 8 décembre, plus de 30 000 réfugiés congolais ont traversé la frontière burundaise, fuyant l’escalade des violences armées opposant les FARDC et les Wazalendo à l’AFC-M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette arrivée soudaine et massive exerce une pression considérable sur les capacités d’accueil et de réponse humanitaire du Burundi.
La majorité de ces réfugiés, composés de femmes, d’enfants et de personnes âgées, arrivent dans un état de grande vulnérabilité après de longues heures, parfois plusieurs jours, de marche. Beaucoup ont tout abandonné pour sauver leur vie, traversant la frontière dans des conditions extrêmes, sans accès à l’eau potable, à la nourriture ou aux soins de santé.
Face à cette urgence humanitaire, Médecins Sans Frontières (MSF) a rapidement déployé une réponse d’urgence. L’organisation fournit 15 000 litres d’eau potable par jour afin de prévenir les maladies hydriques et a mis en place une clinique mobile à Ndava, dans la province de Cibitoke, pour assurer les premiers soins aux personnes les plus affectées.
Les équipes médicales font état de situations alarmantes.
« Nous avons traité des femmes qui ont dû accoucher sur la route, des blessés par balles et des patients épuisés après de longues heures de marche », témoigne Zakari Moluh, coordinateur du projet MSF.
Il ajoute que la peur et la détresse psychologique sont omniprésentes parmi les nouveaux arrivants :
« Les gens ont peur, ils arrivent dans des situations très précaires… et nous ne savons pas comment la situation va évoluer. »
Après une semaine de tensions armées à la frontière, marquée par des débordements sur le territoire burundais, les acteurs humanitaires redoutent un nouvel afflux massif de déplacés si les combats se poursuivent en RDC. Les capacités locales étant déjà fortement sollicitées, la situation pourrait rapidement se détériorer.
MSF affirme rester pleinement mobilisée pour répondre aux besoins médicaux immédiats, mais souligne que l’ampleur de la crise nécessite une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs humanitaires, ainsi qu’un soutien renforcé des autorités et de la communauté internationale.
Alors que les violences se poursuivent à l’est de la RDC, des milliers de familles congolaises continuent de payer le prix d’un conflit qui les pousse à l’exil, transformant la frontière burundaise en nouveau front humanitaire.
Jean Aimé Kikandi


