
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié à Bunia, le mardi 17 février 2026, un rapport alarmant sur l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire en province de Ituri au cours du mois de janvier 2026. Les conflits armés, les déplacements massifs de populations et les perturbations des services sociaux de base témoignent d’une détérioration continue du contexte.
En territoire de Djugu, la localité de Bule, située à environ 85 kilomètres de Bunia dans la chefferie de Bahema Badjere, demeure l’épicentre des violences. Malgré une légère accalmie observée vers la fin du mois, janvier a été marqué par des affrontements répétés entre groupes armés. Selon OCHA, plus de 78 500 personnes ont fui leurs villages, trouvant refuge au sein de familles d’accueil ou dans des sites tels que Savo, Mbudjona et Buju, où les conditions de vie restent extrêmement précaires et l’accès à l’aide humanitaire et aux soins de santé demeure fortement limité.
Par ailleurs, bien que les territoires de Mahagi et d’Aru aient connu une relative accalmie, les répercussions de l’insécurité persistante à Djugu continuent de s’y faire sentir. Depuis décembre 2025, près de 37 000 personnes déplacées ont afflué vers Mahagi, notamment dans les zones de santé de Logo, Rimba et Kambala. La majorité d’entre elles sont hébergées par des ménages déjà vulnérables, ce qui accentue la pression sur les communautés locales.
La protection des civils demeure également gravement compromise. Le rapport fait état de plusieurs cas d’arrestations arbitraires, de pillages et d’enlèvements. Le 21 janvier, au moins dix enfants ont été enlevés par des éléments d’un groupe armé dans l’aire de santé de Rabu, illustrant la persistance des menaces pesant sur les populations les plus vulnérables.
Enfin, la complexité de la menace sécuritaire continue d’alimenter l’instabilité dans la province. L’Ituri reste confrontée aux attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), un mouvement rebelle d’origine ougandaise affilié à l’État islamique, malgré les opérations conjointes menées par les forces armées de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda. À cette insécurité s’ajoutent l’activisme de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, ainsi que des tensions intercommunautaires persistantes.
Face à cette situation préoccupante, les acteurs humanitaires appellent à un renforcement urgent de la protection des civils et à une amélioration de l’accès humanitaire aux populations affectées afin d’éviter une aggravation supplémentaire de la crise.
Augustin Ndjabu



