L’accès à certains services de l’État à Goma sera désormais conditionné par la présentation d’un jeton de participation au salongo.
Cette décision de l’autorité urbaine fait suite au relâchement observé ces derniers temps dans les activités d’assainissement de la ville, plusieurs habitants ne prenant plus part aux travaux communautaires.
L’annonce a été faite ce lundi 15 juin 2026 par le maire de Goma, Désiré Ngabo Kisuba, à l’issue du Conseil urbain de sécurité. Selon lui, cette mesure vise à valoriser le salongo, à renforcer la culture de la propreté et à rendre la ville plus attractive.
« Le salongo n’est pas l’apanage de certaines personnes pendant que d’autres restent chez elles ou attendent la fin des travaux communautaires pour sortir. C’est pourquoi nous avons instruit les chefs de quartiers, les cadres de base et les services de l’État à veiller au respect de cette mesure et à délivrer des jetons aux personnes ayant effectivement participé au salongo », a déclaré l’autorité urbaine.
Le maire a précisé que la présentation de ce jeton sera exigée pour accéder à certains services publics. « C’est la preuve qu’un citoyen participe à l’effort collectif d’assainissement de sa ville », a-t-il ajouté.
Selon l’autorité urbaine, cette exigence s’appliquera également aux postes frontaliers lorsque les frontières seront ouvertes.
« Avant de traverser la frontière, la présentation d’un jeton de salongo sera exigée », a-t-il souligné.Pour le maire, cette mesure permettra d’encourager chaque citoyen à contribuer à la propreté de la ville. Il déplore que certaines personnes profitent des heures réservées au salongo pour circuler ou vaquer à leurs occupations pendant que d’autres travaillent.
« Voilà pourquoi nous ne voulons pas voir des personnes sur la chaussée, à pied, à moto ou à bord de véhicules pendant les heures du salongo. Le samedi, journée dédiée aux travaux communautaires, la circulation est interdite entre 8 heures et 10 heures, à l’exception des véhicules autorisés, notamment les ambulances, les véhicules de la police, de l’armée, des organisations humanitaires, de la Croix-Rouge ainsi que ceux transportant les élèves », a expliqué Désiré Ngabo Kisuba.Il estime qu’entre 6 heures et 8 heures, les travailleurs et les élèves ont déjà atteint leurs destinations respectives.
Le maire a également rappelé que l’assainissement des milieux de vie et de travail doit être une préoccupation quotidienne. « La population doit comprendre que l’assainissement de la ville n’est pas négociable », a-t-il insisté.
Évoquant le cas des fidèles de l’Église adventiste du septième jour, le chef de l’exécutif urbain a indiqué que le service d’assainissement identifiera des espaces dans les quartiers afin qu’ils puissent participer aux travaux communautaires le dimanche.
« La Bible est claire : il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Nous n’interdisons à personne d’aller à l’église. Toutefois, les fidèles adventistes doivent montrer l’exemple en respectant l’heure du début du culte. Nous ne voulons pas que les dispositions relatives au salongo soient contournées sous prétexte de se rendre à l’église », a-t-il déclaré.
À travers cette série de mesures, l’autorité urbaine entend faire de Goma une ville propre, attractive et exemplaire en matière d’assainissement.
Rédaction






