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Kinshasa : la CENCO dénonce deux morts et plusieurs violations des droits humains lors du sit-in de la C64

La Commission Justice et Paix Congo (JPC) de la CENCO affirme avoir documenté plusieurs violations des droits humains lors du sit-in organisé le 12 juin 2026 à Kinshasa par la Coalition Article 64 (C64) contre le projet présumé de révision de la Constitution.

Dans un rapport de monitoring publié le 15 juin, l’organisation indique avoir déployé quinze observateurs à travers la capitale afin de suivre le déroulement de cette manifestation marquée par de fortes tensions politiques autour de l’article 220 de la Constitution.

Selon le document, la veille de la manifestation, une réunion de concertation entre le gouvernement provincial et les organisateurs n’a pas permis de dégager un consensus.

Les autorités avaient proposé de déplacer le lieu du sit-in du Palais du Peuple vers le terrain Assossa, dans la commune de Kasavubu, et de reporter l’activité dans l’après-midi. Des propositions rejetées par les organisateurs.

Le rapport fait également état d’une mobilisation de jeunes de la Force du progrès, structure identifiée comme proche de l’UDPS, ainsi que d’un important dispositif sécuritaire composé de policiers et de militaires déployés dans plusieurs artères stratégiques de la ville.

D’après les observateurs de Justice et Paix Congo, plusieurs sièges de partis politiques et de plateformes de l’opposition auraient été attaqués avant l’arrivée des manifestants aux abords du Palais du Peuple.

Le rapport cite notamment des incidents visant les sièges de l’ECiDé, de FONUS et de l’Alliance pour le Changement.Les affrontements qui ont suivi entre manifestants, éléments de la Force du progrès et forces de l’ordre ont fait au moins deux morts, selon le bilan avancé par l’organisation.

Une personne aurait été tuée par balle tandis qu’une autre aurait succombé à des coups de bâton et à des jets de pierres lors des violences signalées autour du siège de l’ECiDé.

Justice et Paix Congo rapporte également plusieurs dizaines de blessés, des interpellations ainsi que des cas présumés d’extorsion de biens. L’organisation dénonce un usage disproportionné de la force par la police et appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités.

Dans ses recommandations, la JPC plaide pour un meilleur encadrement légal des manifestations publiques, le renforcement des capacités de la police en matière de protection des droits humains, la neutralisation des groupes partisans impliqués dans les opérations de maintien de l’ordre ainsi que la protection effective des libertés de réunion et de manifestation.

L’organisation invite par ailleurs les autorités, les partis politiques et les organisateurs de manifestations à privilégier le dialogue et la non-violence afin de prévenir de nouveaux affrontements et de préserver l’ordre public.

Rédaction

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