
Hier mercredi 18 septembre 2024 , un événement tragique est survenu à Kinshasa, dans un hôtel de la commune de Bandalungwa en République Démocratique du Congo.
Un jeune homme a été retrouvé sans vie, victime d’une quête insensée de performance sexuelle.
Sur place, les agents de la police scientifique ont découvert des indices accablants : une plaquette de l’aphrodisiaque « Kifaru » et une bouteille vide de la boisson « Power« , deux produits tristement populaires parmi la jeunesse congolaise.
Ce drame met en lumière une tendance alarmante qui se répand au sein de la jeunesse , l’utilisation abusive d’aphrodisiaques et de boissons énergétiques pour exceller au lit, sans se soucier des conséquences graves pour la santé.
Une Compétition dangereuse et sans issue
Aujourd’hui, la jeunesse congolaise se retrouve piégée dans une compétition malsaine.
Pour beaucoup, la sexualité est devenue une performance à mesurer et à améliorer à tout prix.
L’utilisation de produits comme « Kifaru » ou « Power », censés stimuler la vigueur sexuelle, est devenue une mode.
Ces substances, souvent vendues sans contrôle ni régulation, sont largement consommées par des jeunes en quête d’une virilité supposée plus grande. Mais à quel prix ?
Les conséquences de cette tendance sont dramatiques. Ces produits, contenant des substances chimiques aux effets non maîtrisés, peuvent provoquer des problèmes cardiaques, des dysfonctionnements sexuels permanents, et même la mort. Le jeune homme retrouvé décédé à Bandalungwa est une victime parmi tant d’autres d’une pratique qui prend de l’ampleur et qui met en péril la santé physique et mentale de la jeunesse.
La gravité de la vente de ces produits dangereux

L’absence de régulation stricte dans la vente de ces aphrodisiaques et boissons énergétiques par l’état congolais est un fléau. Les jeunes Congolais sont souvent attirés par des publicités trompeuses, promettant une amélioration des performances sexuelles.
Les marchés, pharmacies et boutiques vendent ces produits sans avertissements appropriés, mettant ainsi en danger une grande partie de la population jeune.
La consommation fréquente de ces produits a des répercussions graves non seulement sur la santé physique mais également sur la vie sexuelle des jeunes Congolais.
Nombre d’entre eux développent des dépendances psychologiques, pensant qu’ils ne peuvent pas performer sans ces stimulants. Cela crée un cercle vicieux où la consommation de ces produits devient la norme, et la sexualité, un acte dénué de sa dimension humaine et émotionnelle.
Le rôle des valeurs Africaines et de l’éducation sexuelle
L’une des causes sous-jacentes de cette crise réside dans la perte progressive des valeurs africaines traditionnelles, qui accordaient une grande importance à l’éducation sexuelle.
Autrefois, dans les familles et les communautés, les aînés enseignaient aux jeunes les principes de respect de soi, de responsabilité et d’équilibre dans les relations intimes. L’école également jouait un rôle fondamental dans l’éducation des jeunes sur des aspects importants de la vie, y compris la sexualité.
Aujourd’hui, ces valeurs semblent s’effriter. L’éducation sexuelle, qui devait inculquer aux jeunes des notions saines sur leur corps, le respect de l’autre et la gestion responsable de leur sexualité, est souvent absente des programmes scolaires et des discussions familiales.
Cette absence laisse un vide que la société de consommation remplit avec des messages trompeurs sur la sexualité, valorisant la performance au détriment de l’épanouissement personnel.
Un Appel à l’action
Il est urgent que la jeunesse congolaise se tourne vers des modèles plus sains et responsables. Les autorités doivent renforcer les contrôles sur la vente de ces produits dangereux et mettre en place des campagnes de sensibilisation sur les dangers qu’ils représentent.
Les familles, quant à elles, doivent réassumer leur rôle central dans l’éducation des jeunes, en abordant ouvertement les questions de sexualité, avec honnêteté et responsabilité.
Il est également nécessaire de réintroduire l’éducation sexuelle dans les écoles, non pas comme un sujet tabou, mais comme un outil essentiel pour préparer les jeunes à gérer leur sexualité de manière responsable et respectueuse.
La sexualité ne doit pas être une compétition ni une performance à améliorer au moyen de substances dangereuses. La jeunesse congolaise mérite d’être éduquée, protégée, et guidée vers une sexualité saine et épanouie, fondée sur le respect des valeurs humaines et des enseignements traditionnels africains. Il est temps d’agir avant que d’autres vies ne soient tragiquement perdues.
Jean Aimé Kikandi



Un commentaire
C’triste pour une Jeunesse non consciente .
Le changement de la mentalité doit s’imposer