
Le volcan Nyamulagira, situé à une vingtaine de kilomètres de Goma, est entré en éruption hier lundi 14 octobre dans la soirée , prenant la population par surprise. Les coulées de lave ont déjà parcouru près de 7 kilomètres, attisant la peur dans les villages environnants.
Cette catastrophe inattendue révèle une gestion défaillante du suivi des volcans par l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), confronté à une grève prolongée en raison de la non-paiement des salaires de ses agents depuis 12 mois.
L’éruption du Nyamulagira aurait pu être mieux anticipée si les scientifiques de l’OVG avaient pu continuer à exercer leur mission de surveillance. Cependant, les activités de l’observatoire ont été presque à l’arrêt depuis plusieurs mois à cause d’un mouvement de grève des agents , qui n’ont plus été rémunérés depuis une année.
Les autorités n’ont pas réagi à temps pour rétablir les moyens nécessaires à la gestion des deux volcans actifs de la région : le Nyiragongo et le Nyamulagira .
La gestion opaque des finances de l’OVG

Selon plusieurs sources internes, les fonds alloués à l’OVG pour rémunérer son personnel auraient été détournés ,plongeant l’observatoire dans une crise profonde. Les agents, formés pour prévenir et gérer de telles catastrophes, se sont retrouvés impuissants, abandonnés par les instances dirigeantes. Cette situation met en lumière un manque criant de gouvernance et une insouciance dangereuse face à des phénomènes aussi destructeurs que les éruptions volcaniques.
L’éruption du Nyamulagira est une nouvelle tragédie pour la région du Kivu, marquant un nouvel épisode d’abandon des populations face aux catastrophes naturelles. Elle doit servir de signal d’alarme : en l’absence de gestion rigoureuse et de respect des engagements, la population de Goma et des environs restera à la merci de futures éruptions. Il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités et restaurent la confiance dans l’Observatoire Volcanologique de Goma.
La nature n’attend personne, et l’urgence de sauver des vies ne peut souffrir d’aucun retard administratif.
Jean Aimé Kikandi



