
En pleine réunion au Vatican, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a exprimé son opposition à toute précipitation dans le processus de béatification du roi Baudouin Ier de Belgique hier 22 octobre 2024 . Il a souligné l’existence d’une « tâche noire » dans le parcours du souverain, liée à son rôle présumé dans l’assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo .
Le cardinal a exhorté la Congrégation pour les causes des saints à ouvrir une enquête rigoureuse afin de clarifier ce chapitre sombre de l’histoire. « Il est impératif que toute la lumière soit faite avant d’avancer dans ce processus de béatification », a-t-il insisté.
Baudouin Ier, cinquième roi des Belges, a régné de 1951 à 1993. Bien que souvent perçu comme un monarque pieux et proche de l’Église catholique, son nom reste associé à des événements tragiques de l’histoire coloniale belge. Le cardinal Ambongo a rappelé que des doutes subsistent quant à l’implication du roi dans l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, une figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo.
Lumumba, arrêté et transféré dans le Katanga sous l’instigation d’intérêts politiques belges, a été exécuté dans des circonstances atroces. Pour de nombreux Congolais, sa disparition reste un traumatisme profond, nourrissant la méfiance envers la Belgique et ses dirigeants d’alors.
Lors de sa visite en septembre 2024, le pape François avait annoncé son intention de « lancer le processus de béatification » de Baudouin Ier, une démarche accueillie avec enthousiasme en Belgique. Cependant, cette annonce suscite des controverses en RDC, où l’on attend encore des excuses et une reconnaissance des torts causés pendant la période coloniale et post-indépendance.
Le cardinal Ambongo, en appelant à la prudence, a souligné l’importance de ne pas occulter les zones d’ombre du passé. « Une béatification est une démarche spirituelle et morale qui nécessite une clarté absolue. Le parcours de Baudouin doit être examiné avec rigueur et honnêteté », a-t-il dit .
La position de l’archevêque de Kinshasa reflète un sentiment plus large au sein de la société congolaise, qui appelle à une révision critique de l’histoire coloniale belge. Les relations entre la Belgique et la RDC restent marquées par un besoin de justice historique, au-delà des symboles diplomatiques.
Jean Aimé Kikandi




Un commentaire
ce que le roi a fait au congo est un crime qu’il faut punir et non chercher à le béatifier. et comme c’est du catholicisme, le roi passera de la béatification à la canonisation.