
Goma, le 23 octobre 2024– L’axe routier du port de Kamuchanga, l’un des trajets les plus empruntés par les voyageurs dans ville là de Goma, est devenu un véritable cauchemar pour les automobilistes et transporteurs.
Les usagers dénoncent les comportements abusifs des agents de la Police de Circulation Routière (PCR), accusés de rançonnement et d’exiger des documents fictifs pour extorquer de l’argent.
Un calvaire quotidien pour les automobilistes

Plusieurs plaintes nous sont parvenues de la part des chauffeurs de taxis, conducteurs de camions et transporteurs de marchandises, qui dénoncent des pratiques systématiques de corruption.
Selon les témoignages recueillis, les agents de la PCR postés à Kamuchanga arrêtent fréquemment les véhicules sans raison valable. « Peu importe que tous les papiers soient en règle, ils finissent toujours par trouver quelque chose à redire pour nous soutirer de l’argent », Martin raconte chauffeur d’un taxi .
Les agents exigeraient souvent des documents non requis par le Code de la route ou contesteraient la validité de papiers pourtant authentiques, obligeant ainsi les usagers à payer sur place pour éviter des retards ou la saisie arbitraire de leur véhicule.
Ces tracasseries ne sont pas un cas isolé. Elles reflètent une pratique largement dénoncée dans plusieurs villes du pays, où la corruption au sein des forces de l’ordre est devenue un fléau.
Sur l’axe de Kamuchanga, certains chauffeurs affirment que les agents fixent des « tarifs » informels selon le type de véhicule : taxis, camions ou bus paient chacun une somme différente pour être laissés tranquilles.
« Nous travaillons pour nourrir nos familles, mais nous finissons par donner plus d’argent à la police qu’à nos foyers », déplore un transporteur de marchandises d’un tricycle ( trois pneus) . Ces prélèvements illégaux ont également un impact direct sur les prix des services de transport, ce qui pénalise toute la population.
Malgré les nombreuses plaintes formulées par la population, les autorités locales semblent jusqu’à présent ignorer la situation. « On ne sait plus à qui s’adresser. Même si on se plaint, les agents restent là et continuent à nous harceler », témoigne un chauffeur de bus désabusé.
Les usagers de la route de Kamuchanga demandent que des mesures fermes soient prises contre ces pratiques. Ils réclament une enquête sur les agissements des agents de la PCR et un assainissement du secteur de la circulation routière. « Il faut que cela cesse. Les policiers sont censés assurer notre sécurité, pas nous rançonner », s’indigne un conducteur.
Dans un contexte de tensions croissantes entre la population et les forces de l’ordre, une réponse rapide et efficace des autorités est nécessaire pour restaurer la confiance. En attendant, les usagers de la route de Kamuchanga continuent de subir ces tracasseries, espérant que leur cri de détresse ne restera pas sans écho.
Jean Aimé Kikandi



