
Beni, 9 septembre 2025 -La nuit dernière a été une nouvelle fois meurtrière dans l’Est de la République démocratique du Congo. Au moins 80 civils ont été tués lors d’une attaque attribuée aux rebelles islamistes de l’ADF/ISCAP dans le village de Ntoyo, situé à proximité de la zone minière de Manguredjipa, en territoire de Lubero, province du Nord-Kivu.
Selon les premières informations recueillies auprès des habitants, 75 corps ont déjà été retrouvés ce mardi matin par la population locale, qui reste livrée à elle-même dans la gestion de cette tragédie. Des familles entières auraient été décimées, tandis que d’autres personnes restent introuvables.
Les tueries attribuées aux ADF/ISCAP s’enchaînent depuis plusieurs années dans la région de Beni et ses environs, sans qu’une réponse militaire décisive ou une prise en charge humanitaire d’ampleur ne vienne soulager les victimes. La barbarie de cette nuit rappelle tristement les précédents massacres, où les civils demeurent les principales cibles.
Pour les habitants, c’est l’indifférence totale des autorités congolaises qui choque le plus. Alors que des dizaines de corps sont encore allongés dans les villages, aucun message officiel, ni déplacement d’autorités politiques de premier plan, n’a été constaté. Cette attitude alimente un sentiment d’abandon et d’injustice au sein des communautés affectées.
Ntoyo n’est qu’un nom de plus ajouté à la longue liste des localités endeuillées par l’ADF/ISCAP. La proximité de la zone minière de Manguredjipa laisse craindre que les civils soient également pris en otage dans une logique d’exploitation violente des ressources naturelles de la région.
Les habitants dénoncent le silence des institutions, nationales comme internationales, face à ce qu’ils qualifient de “génocide à bas bruit”. Plusieurs leaders de la société civile appellent à une réaction immédiate et à une enquête indépendante sur ces massacres récurren
Ce drame remet une fois de plus en lumière les limites des dispositifs sécuritaires mis en place dans l’Est de la RDC. Si rien n’est fait, préviennent les habitants, d’autres villages risquent de subir le même sort.
Les Congolais attendent désormais des actes concrets du gouvernement central et de ses partenaires internationaux : sécuriser les populations, protéger les civils et mettre fin à l’impunité des ADF/ISCAP.
Redaction



