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Nord-Kivu : plus de 55 morts et 70 000 déplacés en octobre, la crise sécuritaire s’aggrave à Lubero et Beni

La situation sécuritaire est restée particulièrement préoccupante en octobre dernier dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Selon le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA/RDC), la région a été secouée par une série d’attaques meurtrières perpétrées par des groupes armés, notamment dans la Zone de Santé de Manguredjipa.

D’après les sources locales citées par OCHA, entre le 7 et le 29 octobre, des incursions violentes dans les villages de Katanga, Rizerie, Itembo, Mukondo et Manguredjipa ont coûté la vie à au moins 55 civils. Ces attaques ont provoqué le déplacement de près de 50 000 personnes, contraintes de fuir vers Butembo et d’autres localités voisines.
Les écoles sont restées fermées dans plusieurs villages, compromettant la reprise des activités éducatives, tandis que les structures sanitaires souffrent d’une grave pénurie de médicaments.

Parallèlement, des évaluations menées par l’ONG S1 dans la Zone de Santé de Kayna au sud du territoire de Lubero ont révélé la présence de plus de 23 000 personnes déplacées et 95 000 retournés dans les localités de Kayna, Bulotwa, Mighobwe et Bukomerwa. Ces populations vivent dans une vulnérabilité extrême, aggravée par l’instabilité permanente et les affrontements armés survenus entre août et octobre dans les territoires voisins de Rutshuru et Walikale.

Dans le territoire de Beni, octobre a également été marqué par une combinaison de violences armées, de criminalité et de tensions sociales. Le 3 octobre, des affrontements entre l’armée congolaise et un groupe armé à Machongani ont provoqué un déplacement préventif de nombreux ménages vers Oïcha, sans qu’un chiffre exact ne soit encore disponible.
Quelques jours plus tard, le 7 octobre, un camion transportant de l’aide humanitaire destinée aux déplacés d’Eringeti et de Mayi-Moya a été incendié à Oïcha par des hommes armés non identifiés, illustrant les risques élevés pour les acteurs humanitaires et les difficultés d’accès à ces zones.

La menace des engins explosifs improvisés (EEI) demeure également inquiétante. Deux personnes ont été tuées et quatre blessées lors d’explosions signalées à Kalunguta et Kilya au cours du mois.

Cette partie du Nord-Kivu continue de subir les attaques répétées des ADF, un groupe rebelle d’origine principalement ougandaise. Actifs depuis près de trente ans dans l’est de la RDC, les ADF ont prêté allégeance en 2019 au groupe État islamique, qui les considère comme sa branche d’Afrique centrale. Malgré les opérations militaires conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise, la menace reste persistante et les populations demeurent en danger.

Jean Aimé Kikandi

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