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Dialogue national : le mouvement Sauvons le Congo pose ses préalables

Le mouvement politique Sauvons le Congo (Sauvons la RDC) est sorti de son silence à travers un communiqué officiel de ce mercredi 14 decembre 2026 dans lequel il se prononce sur l’initiative de dialogue entre Congolais, actuellement portée par la médiation régionale. Représenté par plusieurs figures politiques de premier plan, dont Filia Tshipasa, Augustin Matata Ponyo Mapon, Seth Kikuni, Franck Diongo, Raymond Tshibanda, Jean-Claude Vuemba, le mouvement dit soutenir le principe du dialogue, tout en posant des préalables clairs et non négociables.


Un soutien de principe à la médiation angolaise


Consulté à deux reprises par les autorités angolaises, Sauvons le Congo salue l’implication personnelle du Président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço dans la recherche de la paix en République démocratique du Congo. Le mouvement réaffirme son attachement au dialogue comme moyen privilégié de règlement des conflits, à condition que celui-ci repose sur la sincérité, la bonne foi et le respect des engagements pris.


Toutefois, le mouvement estime que la multiplication des cadres de discussion et des médiateurs de Nairobi à Luanda, en passant par Doha et d’autres capitales traduit une instabilité de vision et affaiblit la crédibilité du processus de paix.


Des engagements non respectés par le pouvoir


Pour Sauvons le Congo, la volonté politique ne se mesure pas au nombre de sommets ou de déplacements diplomatiques, mais au respect effectif des accords déjà signés. Le mouvement dénonce la poursuite des arrestations arbitraires, des enlèvements, des exils forcés d’opposants politiques, de journalistes, d’activistes des droits humains et de citoyens exprimant des opinions divergentes.


Le communiqué pointe également des violations graves du cessez-le-feu, évoquant des attaques contre des zones civiles densément peuplées, des bombardements et des opérations militaires ayant causé de lourdes pertes parmi les populations sans défense.


Le mouvement évoque avec gravité les événements survenus le 11 janvier 2026 à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, qualifiés de massacre accompagné d’actes de torture et de traitements inhumains, attribués à des éléments des FARDC déployés sur ordre de Kinshasa. Pour les leaders de Sauvons le Congo, ce drame renforce la conviction que la décrispation politique et le respect des droits humains doivent précéder tout dialogue.
Un dialogue inclusif et sans tabou
Sauvons le Congo insiste sur la nécessité d’un dialogue véritablement inclusif, sans exclusion ni agenda caché. Le mouvement estime qu’il ne peut y avoir de dialogue crédible lorsque celui-ci est dicté par une seule partie, surtout lorsque cette dernière est perçue comme étant à l’origine de plusieurs problèmes à résoudre.


Dans cette optique, le mouvement considère que les Évêques des Églises catholique et protestante du Congo sont les mieux placés pour assurer la médiation, en raison de leur travail préparatoire, de leur proximité avec toutes les forces politiques et sociales, ainsi que de leur connaissance profonde des causes de la crise congolaise.


Un appel à des solutions congolaises
À travers ses leaders, dont Filia Tshipasa et Augustin Matata Ponyo, le mouvement rappelle que les problèmes des Congolais ne peuvent être résolus sans l’implication active des Congolais eux-mêmes. Il dénonce toute tentative d’écarter les acteurs crédibles nationaux au profit de manœuvres politiques visant à gagner du temps, au détriment de l’intérêt supérieur du pays.


Sauvons le Congo conclut en appelant à un dialogue qui soit un véritable cadre de réconciliation nationale, de restauration de l’unité et de construction d’un consensus durable pour le mieux-vivre ensemble, loin des promesses non tenues et des calculs politiques.

Jean Aimé Kikandi

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