
Depuis plus de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo est confronté à une insécurité persistante, marquée par la présence de groupes armés nationaux et étrangers. Malgré les changements de régimes politiques, la paix demeure une denrée rare dans cette partie du pays.
Cette situation a de lourdes conséquences sur le quotidien des populations locales, affectant plusieurs secteurs de la vie sociale et économique. Elle impacte également la santé mentale de nombreuses personnes, contraintes de vivre dans l’angoisse permanente et aspirant à un retour durable de la paix afin de vaquer librement à leurs occupations.
C’est dans ce contexte que le Festival Social du Kivu (FESKI) a organisé, ce vendredi 16 janvier 2026 à Goma, une conférence-débat réunissant plusieurs leaders et acteurs sociaux de cette région chère à feu Mzee Laurent-Désiré Kabila. Les échanges ont porté principalement sur la promotion de la santé mentale dans un environnement marqué par les conflits armés.
Plusieurs intervenants ont éclairé les participants sur des thématiques majeures, notamment la promotion de la santé mentale, la résilience en période de conflits armés, ainsi que l’identité culturelle à travers l’art. L’objectif était d’identifier des mécanismes d’adaptation permettant de faire face à la situation actuelle sans compromettre l’équilibre mental des populations.
S’exprimant devant la presse, M. Blaise Rugusha, directeur du FESKI, a indiqué que cette rencontre visait avant tout à encourager la jeunesse de Goma, qu’il qualifie d’exceptionnelle, à conserver la résilience dont elle fait preuve malgré les catastrophes naturelles, les guerres récurrentes et les nombreuses difficultés. Selon lui, cette jeunesse continue d’innover, de garder la tête haute et d’inspirer d’autres jeunes à travers le pays.
Il a également souligné l’importance de sensibiliser les jeunes sur les moyens de préserver leur santé mentale face aux contraintes de la vie et aux défis sécuritaires. M. Rugusha s’est dit satisfait de la qualité des interventions, estimant que les messages transmis bénéficieront non seulement aux participants, mais aussi aux communautés à travers leur relais.
De son côté, le Professeur Dr John Inpavudu, l’un des orateurs, a insisté sur le rôle central de la résilience. Selon lui, la jeunesse constitue une force essentielle et doit comprendre que la résilience permet de s’adapter aux chocs, d’en tirer des leçons positives et d’avancer sans compromettre sa santé mentale.
Dans son exposé, il a invité chacun à puiser dans son passé, à agir dans le présent pour construire un avenir meilleur, rappelant que tout individu possède des atouts qu’il peut exploiter pour surmonter les épreuves.
Intervenant également lors de cette conférence, Augustin Mosange, directeur du Foyer culturel de Goma, opérateur culturel et ancien journaliste, a mis en lumière le rôle fondamental de l’art dans la quête de la paix, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Selon lui, l’art, sous toutes ses formes chant, conte, théâtre, cinéma, danse rassemble les communautés, y compris celles en conflit, favorise le dialogue et contribue à l’apaisement des blessures profondes.
Il estime que la paix durable passe par l’acceptation mutuelle des communautés et par l’utilisation de l’art comme outil de guérison collective, rappelant que les Congolais sont appelés à vivre ensemble, en harmonie avec leurs voisins.
Il convient de signaler qu’à l’issue de cette conférence-débat, la deuxième édition du Festival Social du Kivu est annoncée dans les prochains jours, tandis qu’un forum culturel s’est tenu le même jour.
Jean Aimé Kikandi


