
Cinquante-et-un nouveaux médecins ont officiellement intégré l’Ordre des médecins de la République démocratique du Congo après avoir prêté, samedi 17 janvier à Goma, le serment d’Hippocrate. La cérémonie solennelle s’est tenue dans la salle polyvalente de l’Université Catholique la Sapientia (UCS), en présence des autorités provinciales, des responsables de l’Ordre des médecins et de nombreux membres de familles.
Les impétrants sont issus de quatre universités de la région, à savoir l’UCS, l’UNIGOM, l’ULPGL et l’Université du Graben de Butembo. Parmi eux figurent 14 médecins de la toute première promotion de la faculté de médecine de l’UCS.
Un engagement solennel au service de la vie
À tour de rôle, les nouveaux médecins ont prononcé la formule consacrée du serment d’Hippocrate, concluant par la phrase :
« Je fais ces promesses sur l’honneur, solennellement et librement ».
Un engagement fort, reçu officiellement par le président du Conseil provincial de l’Ordre des médecins du Nord-Kivu, assisté de son vice-président et de médecins aînés.
À l’issue de cette étape, les impétrants ont signé leur déclaration d’engagement à respecter la déontologie médicale et à honorer leurs obligations envers l’Ordre. Ils portent désormais officiellement le titre de docteur en médecine et sont inscrits au tableau de l’Ordre des médecins de la RDC.
Le serment, un « pacte avec l’humanité »
Dans son allocution, Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque de Goma et président du conseil d’administration de l’UCS, a insisté sur la portée profonde du serment d’Hippocrate.
« Le serment que vous venez de prononcer est un pacte avec la vie, un pacte avec l’humanité. La médecine est une vocation qui appelle à la recherche de la vérité, de la sagesse et au respect de la dignité humaine », a-t-il déclaré.
Il a également souligné la complexité de la vérité médicale, qui exige à la fois un diagnostic rigoureux, une information complète du patient et une gestion responsable des dilemmes éthiques.
Un devoir moral et citoyen, selon le vice-gouverneur
Présent à la cérémonie, le vice-gouverneur du Nord-Kivu en charge des questions économiques et du développement, Bahati Chandrack, a rappelé que le serment d’Hippocrate va bien au-delà d’un simple rite académique.
« En prêtant ce serment, vous vous engagez à placer la vie humaine au-dessus de toute considération, à exercer votre art avec compétence, conscience et humanité », a-t-il affirmé.
Dans un contexte marqué par des défis sanitaires, sécuritaires et humanitaires persistants au Nord-Kivu, il a exhorté les nouveaux médecins à devenir non seulement des soignants, mais aussi des acteurs de paix, de résilience et d’espoir pour les communautés.
Fierté et reconnaissance à l’UCS
De son côté, le recteur de l’UCS, Mgr Vicaire Ciza Balumisa, s’est réjoui du choix porté sur son institution pour accueillir cette cérémonie.
« Nous sommes fiers d’avoir accueilli cet événement, qui témoigne de la qualité de notre faculté de médecine et de l’excellente collaboration avec l’Ordre provincial des médecins », a-t-il déclaré, balayant ainsi les rumeurs sur la viabilité de la faculté de médecine de l’UCS.
Une cérémonie hautement symbolique
La cérémonie a été présidée par le président provincial de l’Ordre des médecins du Nord-Kivu, entouré notamment du vice-gouverneur Bahati Chandrack.
Elle marque une étape décisive pour ces 51 jeunes médecins appelés à exercer dans une province confrontée à d’importants besoins en matière de santé publique.
Pour les familles et les autorités présentes, cette nouvelle génération de médecins représente un espoir renouvelé pour l’amélioration de l’offre de soins et la protection du droit fondamental à la santé au Nord-Kivu.
Jean Aimé Kikandi


