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RDC : le gouvernement assouplit les restrictions de voyage liées à Ebola en instaurant une évaluation individuelle des risques

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a signé, le 17 juillet 2026, un nouvel arrêté ministériel modifiant certaines mesures de santé publique prises dans le cadre de la riposte à la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Cet arrêté, qui modifie celui du 24 juin 2026, introduit une approche fondée sur l’évaluation individuelle du risque d’exposition, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et au Règlement sanitaire international (2005).

L’objectif est de renforcer la surveillance sanitaire tout en permettant la continuité des activités de riposte et des déplacements lorsque le risque est jugé faible.

Désormais, tout personnel de santé, agent de laboratoire, membre des équipes de riposte, travailleur humanitaire, expert ou toute autre personne ayant participé aux activités liées à la lutte contre Ebola dans une province touchée sera soumis, pendant 21 jours après son départ de la zone affectée, à une surveillance adaptée au niveau de risque établi à l’issue d’une évaluation individuelle.

L’arrêté distingue deux catégories principales pour ces intervenants.

Les personnes classées en catégorie A, considérées à haut risque d’exposition, devront observer un isolement de 21 jours dans une structure appropriée ou à domicile sous surveillance active. Elles ne pourront effectuer aucun déplacement national ou international, sauf autorisation exceptionnelle accordée par le ministre de la Santé ou son représentant.

En revanche, les personnes classées en catégorie B, présentant un faible risque d’exposition parce qu’elles ont travaillé dans le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections, ne feront plus l’objet d’une interdiction systématique de voyager.

Elles devront toutefois assurer une autosurveillance de leur état de santé et signaler immédiatement tout symptôme compatible avec la maladie à virus Ebola aux autorités sanitaires.

Le texte prévoit également de nouvelles dispositions pour les personnes ayant séjourné dans une province ou une zone affectée. Avant tout voyage international, elles devront être soumises à une évaluation du risque.

Selon les résultats, les personnes classées en catégorie A seront soumises aux mêmes restrictions que les intervenants à haut risque. Celles de la catégorie B pourront voyager si les conditions de surveillance sanitaire sont réunies, tandis que les personnes classées en catégorie C, jugées sans risque particulier, pourront voyager sans délai tout en poursuivant une autosurveillance pendant 21 jours.

L’arrêté introduit en outre un nouvel article consacré aux points d’entrée du territoire. Il confie à l’organisme public chargé de la surveillance sanitaire aux postes frontaliers la responsabilité d’évaluer les risques, d’effectuer les contrôles sanitaires des voyageurs, de délivrer les avis sanitaires et de coordonner les interventions avec les autres services concernés.

Le gouvernement précise enfin que le contrôle sanitaire devient obligatoire avant toute formalité de départ ou d’arrivée aux frontières. Les compagnies de transport sont appelées à collaborer avec les services de surveillance sanitaire afin d’assurer l’application de ces nouvelles mesures.

À travers cet arrêté, les autorités sanitaires congolaises entendent adapter la riposte contre Ebola à l’évolution de la situation épidémiologique en privilégiant une gestion des risques fondée sur des évaluations scientifiques plutôt que sur des restrictions générales de déplacement.

Sandrine HAKIZA

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