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Sud-Kivu : Dignité Humaine Organisation dénonce des crimes graves commis à Makobola et met en cause les FARDC

L’organisation africaine de défense des droits humains Dignité Humaine Organisation (DHO Asbl) a condamné avec la plus grande fermeté les crimes graves commis contre des civils et des structures sanitaires à Makobola, dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu, entre le 29 et le 30 décembre 2025.

Dans une déclaration rendue publique le 01 janvier 2026 à Kinshasa, l’organisation affirme que ces exactions auraient été perpétrées par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyés par des groupes Wazalendo opérant dans la zone.


Violences sexuelles et attaques contre des structures médicales


Selon les enquêtes menées par DHO Asbl sur la base de témoignages concordants et de sources locales crédibles, treize femmes civiles ont été victimes de viols collectifs, commis sous la menace d’hommes armés. Parmi elles, six étaient enceintes, exposant ainsi leur santé et celle de leurs enfants à des risques graves et durables.


L’organisation rapporte que certaines survivantes ont pu bénéficier d’une prise en charge médicale limitée, tandis que d’autres ont fui la zone par crainte de représailles, les auteurs présumés étant toujours présents à Makobola.


Par ailleurs, le Centre de santé de Lamba (zone de santé de Nundu) ainsi que le Centre de santé de Makobola ont été pillé, vandalisés et partiellement détruits. Des médicaments essentiels, équipements médicaux et matériels de soins ont été emportés ou saccagés, privant la population locale de son droit fondamental à la santé.


Ces actes ont plongé la zone dans un climat de terreur, entraînant des déplacements forcés et une désorganisation quasi totale des services sociaux de base, affectant particulièrement les femmes, les enfants et les personnes vulnérables.


Des crimes qualifiés de crimes de guerre
Dignité Humaine Organisation qualifie ces exactions de crimes de guerre, au regard des Conventions de Genève de 1949 et de leurs Protocoles additionnels, qui interdisent formellement le viol, le pillage et les attaques contre les structures médicales.


L’organisation invoque également le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui reconnaît le viol, le viol collectif, le pillage et les attaques contre des hôpitaux comme des crimes de guerre et, selon le contexte, comme des crimes contre l’humanité.


En outre, ces actes constituent, selon DHO, de graves violations des droits humains, notamment de la Constitution de la RDC, de la CEDAW, du Protocole de Maputo, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives aux violences sexuelles en période de conflit.
Responsabilité de l’État congolais mise en cause DHO Asbl estime que les auteurs directs, y compris les éléments des FARDC, engagent leur responsabilité pénale individuelle.

Elle souligne également la responsabilité du commandement, pointant du doigt les autorités hiérarchiques qui auraient ordonné, toléré ou omis d’empêcher ces crimes.
« Du fait de l’implication de ses forces armées, l’État congolais ne peut être considéré comme un acteur neutre, mais comme partie prenante aux violations commises à Makobola », affirme l’organisation. Face à ce qu’elle qualifie de défaillance des mécanismes internes de justice, Dignité Humaine Organisation s’adresse principalement aux acteurs internationaux et indépendants.


Elle appelle les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à documenter de manière rigoureuse les crimes et à renforcer le plaidoyer contre l’impunité en RDC. Aux Nations Unies, DHO demande l’inscription des crimes de Makobola dans les mécanismes de surveillance, le renforcement de la protection des civils et le soutien à des mécanismes internationaux de justice.
L’organisation invite également les États-Unis d’Amérique à conditionner leur engagement diplomatique et sécuritaire à des mesures crédibles de lutte contre l’impunité.


Enfin, elle interpelle le Royaume du Qatar, facilitateur des pourparlers entre Kinshasa et l’AFC-M23, afin d’intégrer explicitement les violations graves des droits humains, notamment les violences sexuelles, dans l’agenda des négociations, et de plaider pour des mécanismes de redevabilité et de protection des civils.


« Pas de paix sans justice »


Pour Dignité Humaine Organisation, les crimes commis à Makobola constituent une atteinte grave à la dignité humaine et une violation manifeste du droit international.
« La paix ne peut être construite sur le déni, le silence ou l’impunité. Les victimes de Makobola ont droit à la vérité, à la justice et à la réparation », conclut l’organisation.

Jean Aimé Kikandi

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