
Les membres du Comité provincial de pilotage du projet Borderlands se sont réunis ce lundi 2 janvier 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, pour évaluer les progrès réalisés et définir les priorités de mise en œuvre pour l’année 2026.
Organisée par les autorités provinciales de l’Ituri, cette rencontre constituait la première session de travail du Comité provincial de pilotage du projet intitulé « Renforcement de la coopération transfrontalière, de la stabilisation et de la résilience des zones frontalières entre la République démocratique du Congo et la République de l’Ouganda ».
Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le projet Borderlands vise à renforcer la coopération transfrontalière, améliorer la gouvernance sécuritaire et assurer la protection des communautés vivant le long de la frontière RDC–Ouganda. La réunion a permis de faire le point sur les premières réalisations, d’identifier les défis rencontrés et de fixer les priorités pour la prochaine phase du projet.
Dans le domaine de l’immigration et de la gouvernance frontalière, plus de 160 agents des services frontaliers et acteurs locaux ont été formés à la gestion intégrée des frontières, à l’identification des cas de traite des personnes et de trafic illicite de migrants, à la détection de documents falsifiés ainsi qu’à la protection des personnes, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Une étude approfondie sur la traite des êtres humains et le trafic de migrants dans les zones frontalières RDC–Ouganda a également été lancée afin d’analyser les principaux corridors, les facteurs de vulnérabilité et de formuler des recommandations opérationnelles.
Sur le plan de la protection, une cartographie des acteurs étatiques et non étatiques a permis d’identifier 51 structures clés impliquées dans la prise en charge des victimes de la traite des personnes dans les territoires d’Irumu, Djugu, Mahagi et Aru. Des formations spécialisées sont en cours pour renforcer les capacités des prestataires en matière d’identification des victimes, de soutien psychosocial et de mécanismes de référencement.
Concernant la gouvernance sécuritaire, le projet soutient la Police nationale congolaise à travers le recrutement de 150 nouveaux policiers en Ituri, dans une logique de renforcement de la police de proximité. Cet appui inclut également l’extension des capacités d’accueil de l’école de police de Bunia ainsi que la formation de base des nouvelles recrues.
À l’ouverture des travaux, le Lieutenant-général Luboya N’kashama Johnny, gouverneur militaire de la province de l’Ituri et président du Comité provincial de pilotage, a souligné l’importance stratégique de ce cadre de concertation :
« La mise en place de ce Comité provincial ne constitue pas une simple formalité administrative. Il s’agit d’un instrument stratégique au service des populations, destiné à renforcer la coordination entre les services provinciaux, les partenaires et les communautés locales, tout en assurant le suivi de l’impact concret des actions menées sur le terrain. »
Pour l’Union européenne, le projet Borderlands incarne une approche intégrée associant sécurité, développement et cohésion sociale. Mme Aurore Decarnieres a réaffirmé l’engagement de l’UE à soutenir la lutte contre la traite des êtres humains, la prévention des conflits, le renforcement du tissu social et la promotion du commerce transfrontalier légal, considérés comme des piliers d’une stabilité durable.
À travers ces avancées, la province de l’Ituri, avec l’appui de l’Union européenne et la mise en œuvre assurée par l’OIM, réaffirme sa volonté de promouvoir une gestion des frontières humaine, inclusive et durable, contribuant à la paix, à la cohésion sociale et au développement local dans les zones frontalières.
Augustin Ndjabu



