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Ituri : des violences à Rwampara perturbent la riposte contre Ebola

La riposte contre l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo a été fortement perturbée jeudi 21 mai 2026 à l’hôpital général de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia, dans la province de l’Ituri.Selon plusieurs sources sanitaires, des tensions ont éclaté après le décès d’un patient suspecté d’être atteint du virus.

Des membres de sa famille ont emporté le corps de force malgré l’opposition du personnel médical, provoquant une scène de chaos au sein de l’établissement sanitaire.

Profitant de la confusion, six patients ont pris la fuite, dont trois cas confirmés et trois cas suspects d’Ebola. Les autorités sanitaires rappellent que « la manipulation non sécurisée des dépouilles constitue l’un des principaux facteurs de propagation du virus ».

Cet incident met une nouvelle fois en lumière les défis auxquels se heurte la riposte, notamment la méfiance persistante d’une partie de la population envers les équipes médicales.

Au cours des violences, deux tentes de traitement de l’ONG médicale internationale ALIMA ont été incendiées. Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé « la mise en danger de vies humaines ainsi que la destruction de matériels médicaux essentiels à la prise en charge des patients ».

Malgré ces dégâts, ALIMA affirme que les six patients pris en charge dans ces structures continuent de recevoir des soins au sein de l’hôpital.

L’organisation indique également que des mesures d’urgence ont été mises en place en coordination avec les autorités sanitaires, notamment la réorganisation temporaire des espaces de soins, la sécurisation des activités médicales et le déploiement de solutions alternatives pour assurer la continuité de la prise en charge.

Le personnel soignant a, par ailleurs, été placé sous protection militaire pendant que les forces de l’ordre tentaient de rétablir le calme.

ALIMA appelle enfin la population à faire preuve de vigilance face aux informations non vérifiées relayées sur les réseaux sociaux. Selon l’ONG, ces rumeurs risquent « d’alimenter davantage la méfiance des communautés envers les équipes de riposte », dans un contexte sanitaire déjà préoccupant.

Au 21 mai 2026, le ministère de la Santé recensait plus de 600 cas probables et 139 décès probables liés à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo.

À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué n’est encore disponible contre cette souche du virus.

Sandrine Hakiza

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