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Goma, La Ville aux mille dangers

La vie à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a progressivement repris son cours Trois ans après l’éruption volcanique du 22 mai 2021.

Mais pour les Gomatraciens, la sérénité reste un luxe inaccessible. Dormir sur ses deux oreilles est un risque qu’ils ne peuvent jamais se permettre.

Entre le géant Nyiragongo, le lac Kivu et ses réserves de méthane à moitié inexploitées, ainsi qu’une insécurité grandissante, Goma semble être le décor parfait pour un film de science-fiction.

Avec la menace permanente d’une éruption ou pire encore, d’une explosion du lac qui pourrait asphyxier la population, la vigilance reste la principale préoccupation des chercheurs, des autorités, et de leurs partenaires extérieurs.

Tous tentent tant bien que mal de gérer les risques entourant cette ville qui accueille des milliers de déplacés.

22 mai 2021, une nuit d’enfer !


Alors que la journée semblait normale, les événements prenaient une tournure inattendue.
La population n’avait aucun pressentiment qu’elle allait revivre un drame dont les souvenirs, vieux de 19 ans, étaient encore vifs. Spéculations sur une éventuelle entrée de milices, ciel rougeâtre, panique générale…

Pourtant, aucune communication des autorités. L’alarme de l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) ne retentit pas. Face à l’inertie des instances officielles, des dizaines de milliers de personnes fuirent dans la panique, trouvant refuge au Rwanda et à Sake, à 30 kilomètres de Goma.

Ce fut une nuit éprouvante, réveillant les souvenirs douloureux de l’éruption du 17 janvier 2002, qui avait coûté la vie à plus de 3 000 personnes.

Au nord de la ville, la lave dévalait les pentes du Nyiragongo, s’approchant dangereusement de Goma. Cette fois-ci, elle s’arrêta miraculeusement aux portes de la ville, épargnant l’aéroport international de Goma de justesse.

Un danger omniprésent

Malgré cela, les experts continuent d’alerter que le danger est loin d’être écarté. L’éruption volcanique du 22 mai 2021 n’avait donné aucun signe avant-coureur significatif.

Deux coulées de lave s’échappèrent des flancs du volcan, l’une s’arrêtant dans les faubourgs nord-est de Goma. Le bilan officiel fait état d’au moins 32 morts et de la destruction de 900 à 2 500 habitations.

Aujourd’hui, malgré une accalmie dans la fréquence, le risque d’une nouvelle éruption reste palpable. Les autorités ont souligné la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension possible sous le lac Kivu.

Une éruption pourrait survenir sans aucun signe précurseur, et le risque d’une explosion liée au méthane du lac persiste, avec des conséquences potentiellement catastrophiques.

Une surveillance négligée

Cependant, une situation alarmante aggrave encore les craintes de la population : la grève des agents de l’OVG.

Depuis le 30 mai 2024, plus de 200 employés de cet institut, censés surveiller jour et nuit les volcans environnants, ne sont plus en mesure d’accomplir leur mission.
Les raisons ? Un manque de paiement de salaires et une absence criante de matériel adéquat.

En dépit du danger constant, les autorités n’ont pas jugé nécessaire de soutenir ces agents vitaux, exposant ainsi la population à des risques incontrôlés.

Les responsables de l’OVG ont à plusieurs reprises dénoncé l’abandon dont ils sont victimes. Ces spécialistes, dont le travail est crucial pour la sécurité de toute la région, sont privés de moyens pour surveiller efficacement le volcan Nyiragongo et les autres volcans menaçant le nord de Goma.

Alors que les tremblements de terre et les émissions toxiques continuent, l’incapacité à disposer d’une surveillance continue met des millions de vies en péril.

Une ville sous menace constante

Les risques à Goma sont multiples : séismes répétitifs, pollution de l’air et de l’eau causée par les cendres, et, surtout, une potentielle éruption soudaine.

À cela s’ajoute la menace d’une explosion des gaz du lac Kivu, une situation qui pourrait entraîner des conséquences tragiques. Le gouvernement, cependant, semble négliger ces urgences, laissant les Gomatraciens dans une angoisse permanente.

Plusieurs observateurs estiment que la question d’une réinstallation des populations de Goma dans une nouvelle ville doit être étudiée avec sérieux. La gestion des risques dans cette région, marquée par les catastrophes naturelles et la violence des groupes armés, doit devenir une priorité pour les autorités.

La protection de la vie humaine et des biens est un enjeu vital qui ne peut être négligé plus longtemps.

Jean Aimé Kikandi

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