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RDC – Rwanda : 23 ans après, un accord de paix de plus… et toujours les mêmes blessures

Washington, décembre 2025. L’histoire semble se répéter. Demain jeudi, le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame vont signer un nouvel accord de paix, sous les auspices des États-Unis, cette fois avec le président Donald Trump à la manœuvre.

Mais cette signature, attendue avec espoir par certains, suscite surtout scepticisme et lassitude parmi les Congolais. Sur les lignes de front, rien n’a changé. Les affrontements continuent dans le Sud-Kivu, notamment entre les FARDC, les groupes Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23.

Un flashback s’impose. Nous sommes en septembre 2002. Une image devenue mythique circulait alors dans les médias : Joseph Kabila, tout jeune président, assis aux côtés de Paul Kagame, Thabo Mbeki et du président américain George W. Bush. Le décor : un sommet diplomatique de haut niveau à Washington pour relancer le processus de paix dans l’Est de la RDC, alors déchirée par la Deuxième Guerre du Congo. Deux mois plus tard, l’accord de Sun City était signé. La paix devait venir. Elle ne viendra pas.

23 ans plus tard, les visages ont changé, mais les rôles restent tragiquement les mêmes. Paul Kagame est toujours là, au cœur des discussions, souvent accusé de jouer un double jeu. Un président congolais cette fois Félix Tshisekedi tente de négocier la fin d’un conflit sans fin, pendant que les bombes tombent encore à l’Est.

À quoi bon ces accords si le terrain continue de brûler ? À quoi bon les sourires diplomatiques si les populations de Rutshuru, Masisi, Minembwe ou Kalehe continuent de fuir, d’enterrer leurs morts ou de survivre sous les bombes ? La paix ne se décrète pas, elle se construit, et cette construction manque cruellement d’engagement sincère, de justice et de volonté de rupture avec les logiques prédatrices.

Aujourd’hui, à Washington, on rejoue la même pièce, avec les mêmes promesses, les mêmes acteurs et peut-être, les mêmes silences complices. Pendant ce temps, à Bukavu, à Goma ou à Minembwe, les Congolais attendent toujours que les mots deviennent actes, et que la paix cesse d’être un mirage.

Rédaction

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