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Ituri : l’insécurité à Fataki aggrave une crise humanitaire critique

Depuis le 5 décembre 2025, la zone de santé de Fataki, en province de l’Ituri, est confrontée à une grave détérioration de la situation sécuritaire. Des affrontements armés ont été signalés, notamment dans le territoire de Djugu, en chefferie de Bahema Badjere, précisément au centre de négoce de Bule. Ces violences surviennent à proximité de zones densément peuplées, dont le site des personnes déplacées internes de la Plaine Savo, le campement des UPDF ainsi que la base opérationnelle de la MONUSCO.


Cette situation expose gravement les populations civiles et limite considérablement l’accès des acteurs humanitaires aux zones affectées.


Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), environ 150 000 personnes ont été déplacées à la suite de ces violences. Plus de 21 000 déplacés sont recensés dans les zones de santé de Damas, Bambu et Mangala. Par ailleurs, près de 87 000 personnes se trouvent autour du campement des UPDF et dans la Plaine Savo, tandis qu’environ 48 000 déplacés sont installés à Djaiba, Lodda et dans les villages environnants.


La crise s’est également étendue au territoire de Mahagi. Entre le 25 et le 30 décembre 2025, les zones de santé de Logo, Rimba et Kambala ont accueilli plus de 37 000 personnes déplacées en provenance de Fataki.
Ces déplacements massifs de population exercent une pression accrue sur des services sociaux de base déjà fragiles. La situation nutritionnelle est jugée extrêmement préoccupante et instable, avec des risques élevés pour les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants de moins de cinq ans. Cette vulnérabilité est aggravée par la réduction des interventions humanitaires dans plusieurs zones touchées par l’insécurité.


Augustin Ndjabu

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