
La pression militaire s’intensifie dans l’Est de la République démocratique du Congo. Alors que les attaques des rebelles ADF continuent de semer la terreur dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu, le haut commandement des Forces armées de la RDC (FARDC) est descendu sur le terrain pour réajuster la riposte.
Depuis dimanche 1ᵉʳ février, le chef d’état-major général adjoint des FARDC chargé des opérations et du renseignement, le général Jacques Ychaligonza Nduru, séjourne dans les territoires de Beni et de Lubero. Cette mission vise à évaluer l’évolution des opérations militaires dans une zone marquée par une recrudescence alarmante des violences armées.
À son arrivée à l’aéroport de Mavivi, le général Ychaligonza Nduru a été accueilli par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Evariste Kakule Somo, ainsi que par le commandant des opérations Sokola 1, le général Joseph Mugisa Muleke. Si le programme officiel de la visite n’a pas été rendu public, cette descente s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Ces dernières semaines, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont multiplié les attaques contre les populations civiles dans plusieurs localités du Nord-Kivu, causant des pertes en vies humaines, des déplacements massifs et un profond traumatisme au sein des communautés affectées.
Selon une analyse de l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli), les ADF figurent parmi les groupes armés les plus meurtriers opérant actuellement en RDC. Le rapport indique que leurs exactions répondent à une stratégie bien rodée visant à terroriser les civils, faciliter le recrutement forcé et affaiblir l’autorité de l’État dans les zones ciblées.
L’étude souligne également la forte capacité d’adaptation de ce groupe armé. Sous la pression des opérations militaires, les ADF ont déplacé leurs foyers d’action d’Irumu vers Mambasa, avant d’étendre leurs incursions jusqu’au territoire de Lubero, tout en maintenant un niveau élevé de violence. Cette mobilité stratégique leur permet de se replier, de se réorganiser et de maintenir une menace permanente sur les populations.
Dans ce contexte, la mission du général Ychaligonza Nduru apparaît comme une étape clé dans la réévaluation du dispositif sécuritaire. Pour les FARDC, le défi reste immense : contenir une rébellion mouvante et résiliente, tout en garantissant une protection effective des civils, premières victimes d’un conflit qui continue de fragiliser durablement le Nord-Kivu.
Guilaine Muhirhi



