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Attaques contre l’aéroport de Kisangani : Kinshasa dénonce une escalade régionale et interpelle la communauté internationale

Les récentes attaques par drones visant l’aéroport de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, suscitent une vive inquiétude en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique le 6 février 2026, les autorités congolaises qualifient ces frappes de nouvelle escalade dans la guerre d’agression et d’occupation qu’elles attribuent à l’armée rwandaise et à ses alliés du M23/AFC, engagés dans le conflit depuis 2021.


L’attaque, survenue dans la nuit du 31 janvier au 1er février, n’a fait aucune victime, selon les informations disponibles. Elle a toutefois visé une infrastructure stratégique majeure dans le nord-est du pays. Le groupe rebelle M23/AFC a revendiqué l’opération, reconnaissant ouvertement, selon le communiqué, sa collaboration avec l’armée rwandaise.


Pour les autorités congolaises, cet acte marque un tournant préoccupant, traduisant une extension du conflit à des dimensions désormais régionales, voire internationales. Kinshasa appelle ainsi à une mobilisation urgente de la communauté internationale ainsi que des médiateurs impliqués dans les différents processus de paix en cours.
La déclaration replace ces attaques dans un contexte de rivalités régionales persistantes.

Elle rappelle que la résurgence du M23 en 2021 est intervenue après le renforcement de partenariats sécuritaires et économiques entre la RDC et l’Ouganda, une évolution perçue comme une menace stratégique par Kigali. Selon le document, cette situation aurait ravivé des ambitions territoriales rwandaises dans l’est de la RDC, en violation du droit international.


Kinshasa s’appuie également sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée à l’unanimité, laquelle réaffirme le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC et exige le retrait immédiat et inconditionnel des forces rwandaises, ainsi que le démantèlement des structures du M23/AFC.


Le communiqué rejette par ailleurs l’argument des « mesures défensives » avancé par Kigali pour justifier sa présence militaire sur le sol congolais.

Il rappelle que le droit international ne reconnaît ni la guerre préventive ni la légitime défense préventive, en dehors des cas strictement encadrés par la Charte des Nations Unies, notamment en situation d’agression armée avérée ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité.
Les autorités congolaises mettent enfin en garde contre le risque d’un embrasement généralisé de la région des Grands Lacs, soulignant que les attaques contre Kisangani pourraient raviver les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda. Elles évoquent, à ce titre, le souvenir de la « guerre des six jours » de juin 2000, dont les conséquences humaines demeurent, selon elles, impunies.


En conclusion, Kinshasa appelle à l’adoption de sanctions fortes contre le Rwanda et ses alliés afin de mettre un terme aux violations répétées du droit international et de prévenir une nouvelle escalade militaire dans un conflit qui a déjà causé d’immenses souffrances aux populations civiles des provinces de l’Est.


Guilaine Muhirhi

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