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Lubero : une attaque des ADF fait au moins quinze morts civils au Nord-Kivu

Une nouvelle attaque attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) a endeuillé le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Au moins quinze civils, dont deux femmes, ont été tués dans la nuit du vendredi au samedi 7 février 2026 à Mambimbi-Isigo, dans le groupement Bapakombe, secteur des Bapere.


Selon le président de la société civile du secteur de Bapere, Kakule Kagheni Samuel, les assaillants ont également incendié plusieurs maisons et biens matériels, aggravant le traumatisme des populations locales déjà éprouvées par l’insécurité persistante.


Un rescapé de l’attaque, qui a réussi à s’échapper, évoque un lourd bilan humain. Il affirme n’avoir pas pu dénombrer les corps aperçus lors de sa fuite, tant la scène était chaotique. Jusqu’aux heures vespérales de ce samedi, le village attaqué restait inaccessible, empêchant toute inhumation des victimes.
Cette attaque survient alors que la présence des ADF dans cette partie du secteur des Bapere avait été signalée depuis plusieurs jours. La nouvelle incursion a plongé la population dans la peur et le désespoir, provoquant des déplacements massifs vers des localités jugées relativement plus sûres, notamment Njiapanda.


La situation sécuritaire demeure tout aussi préoccupante dans le territoire voisin de Beni. Le mardi 4 février, six civils ont été tués dans une embuscade tendue par les ADF à Malibo, sur l’axe routier Oicha–Mamove. Cette attaque est survenue quelques heures après une autre embuscade matinale au même endroit, qui avait déjà fait quatre morts. Au total, au moins dix civils ont été tués en une seule journée sur cet axe, avec plusieurs motos incendiées.


Dans un rapport publié le mardi 3 février 2026, la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu dresse un bilan alarmant d’au moins soixante-trois civils tués depuis le début de l’année par des rebelles présumés ADF dans les territoires de Beni et de Lubero. Selon ces données, Lubero reste le plus durement touché avec cinquante-deux morts, contre dix à Beni.


Ces violences répétées continuent de provoquer le déplacement de milliers de familles, contraintes de vivre dans des conditions humanitaires précaires. La peur persistante empêche le retour des populations dans plusieurs localités désormais considérées comme des zones à haut risque, illustrant l’ampleur de la crise sécuritaire qui frappe l’est de la République démocratique du Congo.

Jean Aimé Kikandi

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