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Beni-Lubero : 7 000 morts en six ans, un rapport met en cause ADF, groupes armés et complicités internes

Un nouveau rapport d’enquête humanitaire révèle qu’au moins 7 000 civils ont été tués en six ans dans la région de Beni-Lubero, au Nord-Kivu. Le document a été rendu public ce vendredi 20 février 2026 à Goma par un consortium d’organisations de défense des droits humains.


Le rapport est l’œuvre conjointe de la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), Actions pour les droits humains (APDH), Diaspora plurielle congolaise (DPC), Collectif Gakondo et de la Mutualité Isoko. Il couvre la période 2020–2026, divisée en deux phases.


Selon les auteurs, 5 106 personnes ont été tuées entre 2020 et 2024, puis plus de 2 000 civils supplémentaires entre 2024 et 2026, malgré le lancement, fin novembre 2021, des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF.
Le rapport identifie les terroristes ADF comme principaux responsables des massacres.

Toutefois, il pointe également des responsabilités partagées : l’implication de groupes armés locaux, notamment les Maï-Maï/Wazalendo, des zones d’ombre au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) oscillant entre passivité et collaboration, ainsi que des réseaux de corruption impliquant certains officiers militaires.


Le consortium souligne que des arrestations de militaires à Beni (Nord-Kivu) et à Bunia en Ituri, pour vente illégale d’armes et de munitions, illustrent la gravité des complicités au sein de l’appareil sécuritaire.
« Lorsque des armes censées protéger la population alimentent la violence, la guerre devient auto-entretenue », dénonce le rapport, évoquant aussi « une guerre qui dure… et qui profite à certains ».


Les organisations s’interrogent sur la résilience des ADF, malgré des opérations militaires régulièrement annoncées. Pour elles, la prolongation du conflit finit par générer des intérêts économiques et politiques, alimentés par des détournements logistiques, des trafics d’armes, une gestion opaque des fonds sécuritaires et l’exploitation illégale des ressources, au bénéfice de certains acteurs politiques et militaires.


En conclusion, le consortium appelle au démantèlement de tous les réseaux qui transforment la lutte contre les ADF en « un cycle rentable pour quelques-uns et mortel pour les autres », et plaide pour des réformes urgentes afin de mettre fin à ce système de violence qui perdure.

Jean Aimé Kikandi Nzivake

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