Une fronde interne secoue l’Action pour la Réforme et le Développement (ARDEV).
Réunis ce jeudi à Lubumbashi, les membres du Bureau politique national du parti, accompagnés de plusieurs hauts cadres, députés provinciaux et d’un membre du gouvernement provincial, ont annoncé leur désaveu du président national, Jacques Kyabula Katwe.
Dans une déclaration publiée à l’issue de la rencontre, les responsables du parti affirment retirer leur confiance politique et organisationnelle à l’ancien gouverneur du Haut-Katanga.
Ils dénoncent notamment une gestion jugée autocratique, opaque et incompatible avec les principes fondateurs de l’ARDEV.
Les signataires reprochent à Jacques Kyabula des décisions prises de manière unilatérale ainsi que des comportements qui, selon eux, s’éloignent de la vision et des idéaux défendus par le parti depuis sa création.
Ils l’accusent également d’avoir instauré une gestion personnalisée des affaires de l’ARDEV, en violation des textes internes, tout en pointant un manque de transparence dans le processus décisionnel.Les cadres frondeurs estiment par ailleurs que l’attitude de leur président a contribué à détériorer les relations entre le parti et les institutions de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme politique soutenant le président de la République, Félix Tshisekedi.
Ils évoquent notamment des tensions avec le Secrétariat permanent de cette coalition ainsi qu’un affaiblissement de l’encadrement des militants sur le terrain.Cette prise de position intervient dans un contexte particulier, quelques jours après la démission de Jacques Kyabula de ses fonctions de gouverneur du Haut-Katanga.
Présent à Kinshasa depuis plusieurs mois à la suite de son rappel par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, il avait été au centre d’une controverse liée à des déclarations prononcées lors d’une matinée politique à Lubumbashi.Face à cette crise, le Bureau politique national de l’ARDEV a annoncé la création d’un comité de crise chargé d’assurer la restructuration et la réorganisation du parti.
Les initiateurs de cette démarche affirment agir dans le souci de préserver l’unité, la stabilité et l’avenir de la formation politique. Ils estiment également que la situation actuelle de Jacques Kyabula ne lui permet plus d’assurer efficacement la direction du parti.L’ARDEV demeure l’un des partis alliés de la majorité présidentielle et dispose notamment d’une représentation au niveau provincial ainsi qu’au Sénat.
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