L’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a exprimé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo dans le contexte sécuritaire actuel.Dans un message publié sur les réseaux sociaux ce lundi , l’ancienne députée a estimé qu’un changement de la Constitution constituerait un « coup d’État constitutionnel ».
Elle a toutefois distingué cette hypothèse d’une révision constitutionnelle, qu’elle considère comme un mécanisme démocratique prévu par les textes, tout en jugeant qu’une telle démarche ne saurait être engagée alors que plusieurs provinces sont sous état de siège et que certaines parties du territoire national demeurent sous occupation de groupes armés.
Selon Marie-Ange Mushobekwa, l’organisation d’un référendum dans ces conditions risquerait d’exclure une partie de la population, notamment dans les provinces de l’Est affectées par l’insécurité.
Elle avertit qu’un processus mené sans la participation effective du Kivu pourrait, selon elle, renforcer les craintes de fragmentation du pays.Réaffirmant son attachement à l’unité nationale, elle a insisté sur le caractère « une et indivisible » de la RDC et a appelé les citoyens à défendre les acquis démocratiques obtenus depuis l’instauration de l’actuelle Constitution.
L’ancienne ministre s’est particulièrement adressée aux habitants des territoires et villes du Sud-Kivu, notamment Bukavu, Idjwi, Kabare, Walungu, Mwenga, Shabunda, Fizi et Uvira. Elle les a invités à exprimer, de manière pacifique, leur opposition à toute réforme constitutionnelle qu’ils estimeraient contraire aux intérêts démocratiques du pays.
Dans son message, Marie-Ange Mushobekwa a également interpellé le député national Aimé Boji Sangara, originaire du Sud-Kivu, lui reprochant de soutenir une démarche qu’elle considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel en vigueur.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise, entre partisans d’une adaptation des institutions et défenseurs du maintien du texte actuel.
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