
L’organisation Assistance Appoint Assainissement (A3) a invité, mardi 8 octobre, les autorités locales et des partenaires humanitaires pour une visite dans son site de décharge finale et de traitement des déchets à Bulengo, à l’ouest de la ville de Goma en République Démocratique du Congo.
Cette visite visait à présenter des projets novateurs conçus pour améliorer l’assainissement de la ville et des camps de déplacés, dans un contexte de défis environnementaux et sanitaires croissants.
« Nous devons innover pour répondre à la crise, » a déclaré Gauthier Miserero, coordonnateur de l’A3, en s’adressant aux invités.
Confrontée à des difficultés financières , l’association, qui assure la collecte et le traitement des déchets dans Goma, a su adapter ses actions en lançant des initiatives qui allient assainissement, recyclage et développement économique.
« Le soutien des ménages, bien que modeste, ne suffit pas à couvrir nos coûts. Mais au lieu de céder à ces contraintes, nous avons cherché des solutions durables pour la ville. »
Parmi ces innovations, trois projets ont particulièrement retenu l’attention. Le premier, un biodigesteur, permettra de produire du gaz méthane à partir des boues de vidange, une énergie propre destinée à la cuisson dans les ménages. Une manière de transformer les déchets organiques en ressource utile pour les habitants de Goma. « Cela réduira la dépendance au charbon et participera à la préservation de l’environnement, »a souligné Miserero.
Ensuite, l’A3 a dévoilé son projet de pavés en plastique, fabriqués à partir de déchets recyclés. Ces pavés seront utilisés pour réaménager certaines avenues et quartiers de la ville de Goma , tout en réduisant la quantité de plastique qui pollue les rues. « Le plastique ne sera plus un fardeau, mais une matière première pour améliorer nos infrastructures, » a ajouté le coordonnateur.

Enfin, le projet de briquettes de chauffage, produites à partir de papier et de carton, promet d’offrir une alternative durable aux méthodes traditionnelles de cuisson dans les camps de déplacés. Ces briquettes permettront à la fois de réduire les déchets et de fournir une énergie abordable aux plus vulnérables.
Mais au-delà des aspects techniques, ces projets visent à créer un impact direct sur la communauté. Miserero a insisté sur les bénéfices sociaux de ces initiatives : « Ces activités permettront la création d’emplois pour environ cinquante personnes, tout en contribuant à la réduction des déchets plastiques et des gaz à effet de serre. Cela aura un impact positif non seulement sur l’environnement, mais aussi sur la vie des habitants. »
Présent lors de la visite, Alexis Darihoranye, représentant du maire de Goma, a salué ces efforts. « L’A3 montre qu’il est possible de surmonter les difficultés en trouvant des solutions innovantes, »a-t-il affirmé. « Votre engagement prouve que même face à des moyens limités, il est possible de transformer les défis en opportunités. »
Les autorités locales ont ainsi réaffirmé leur soutien à l’A3, tout en exhortant les partenaires humanitaires à continuer d’accompagner ces efforts pour un assainissement durable de Goma.
Alors que les besoins sont pressants, particulièrement dans les camps de déplacés où les conditions sanitaires restent préoccupantes, ces initiatives représentent un pas en avant dans la lutte contre la dégradation de l’environnement et les risques sanitaires dans la région.
Grâce à ces projets innovants, l’A3 démontre qu’il est possible de concilier développement durable et amélioration des conditions de vie dans une ville où la gestion des déchets reste un défi majeur. En s’appuyant sur ces solutions, Goma et ses camps de déplacés pourraient bientôt voir une transformation significative de leur environnement, tant sur le plan écologique qu’économique.
Jean Aimé Kikandi



