
L’opposant politique Parole Kamizelo a introduit, ce lundi, une demande de récusation visant les trois juges du tribunal de paix de Kinshasa–Ngaliema, où se poursuit son procès pour outrage au chef de l’État, Félix Tshisekedi, et diffusion de fausses informations.
Le prévenu reproche aux magistrats un manque d’impartialité, notamment pour avoir admis dans le débat judiciaire des procès-verbaux émanant du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Il soutient que ces documents auraient été obtenus sous la contrainte, lors de sa détention.
Parole Kamizelo dénonce également la présence régulière d’agents du CNC aux audiences, qu’il considère comme une pression exercée sur la juridiction et une atteinte à l’indépendance de la justice.
La défense a par ailleurs soulevé ce qu’elle qualifie d’irrégularité grave, évoquant l’implication présumée d’une magistrate rattachée au CNC, service qui, selon la loi, ne devrait être composé que d’officiers de police judiciaire. Cette magistrate est accusée d’avoir procédé à l’audition de l’opposant dans un lieu de détention non officiel, en dehors des procédures légales en vigueur.
À ce stade, le tribunal ne s’est pas encore prononcé sur la demande de récusation. La poursuite du procès dépendra de la décision des juridictions compétentes appelées à examiner les griefs soulevés par la défense.
Guilaine Muhirhi



