L’organisation congolaise de défense des droits humains JUSTICIA ASBL a exprimé ses inquiétudes face à ce qu’elle considère comme une possible instrumentalisation politique des universités, instituts supérieurs et centres de recherche scientifique de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué de presse publié le 9 juin 2026, l’organisation réagit à la note circulaire de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, convoquant un colloque national scientifique consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006.Selon JUSTICIA ASBL, cette initiative intervient dans un contexte marqué par des débats de plus en plus vifs autour d’une éventuelle révision ou modification de la Constitution.
L’organisation estime que les prises de position répétées de certains responsables politiques en faveur d’un changement de la loi fondamentale, ainsi que les pressions exercées contre les voix divergentes, soulèvent des interrogations sur la neutralité et l’indépendance de cette démarche.
L’ONG rappelle que la législation congolaise garantit la liberté de la recherche scientifique et reconnaît aux établissements d’enseignement supérieur un rôle essentiel dans le développement de la science et de la société. Elle insiste sur le fait que les universités et centres de recherche doivent demeurer des espaces de réflexion libre, indépendants de toute influence politique ou partisane.
JUSTICIA ASBL craint que les conclusions du colloque envisagé ne soient perçues comme orientées par des considérations politiques plutôt que par une analyse scientifique objective. Elle estime qu’aucune garantie suffisante de neutralité et d’impartialité n’a, à ce stade, été présentée.
L’organisation appelle par ailleurs le gouvernement à mobiliser davantage les chercheurs et les institutions académiques sur des problématiques jugées prioritaires pour le pays, notamment la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics, l’insécurité dans l’Est de la RDC, l’exploitation illégale des ressources naturelles ainsi que l’amélioration de l’accès à la justice.
Tout en reconnaissant le droit du gouvernement de consulter les acteurs du monde universitaire sur les grandes questions nationales, JUSTICIA ASBL exhorte les autorités à préserver l’autonomie des institutions académiques et à éviter toute politisation susceptible de compromettre la crédibilité de la recherche scientifique et l’intérêt général.
Jean Aimé Kikandi






