La population de la ville de Goma a participé, ce mardi 28 juillet, à une marche pacifique organisée par la plateforme des organisations de la société civile du Nord-Kivu, regroupant la société civile plurielle et la société civile force vive.
Une importante foule s’est rassemblée à l’esplanade de l’ONC, point de départ de cette mobilisation, avant de parcourir plusieurs artères de la ville, notamment en passant par le rond-point BDGEL, jusqu’à la base de la MONUSCO à Goma.
La manifestation s’est déroulée sous l’encadrement de la Police nationale congolaise.Cette mobilisation visait à dénoncer les massacres qui se poursuivent à Beni et en Ituri, attribués notamment aux rebelles ADF-Nalu, ainsi que les violences signalées dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
Les manifestants ont également exprimé leur opposition au projet de changement de la Constitution initié par le régime de Kinshasa. Ils ont en outre dénoncé ce qu’ils qualifient de sanctions sélectives imposées aux dirigeants de l’AFC-M23.Sur place, un mémorandum a été remis à une délégation de la mission onusienne.
Dans ce document adressé notamment au Secrétaire général des Nations unies et aux membres permanents du Conseil de sécurité, les organisations signataires appellent à une implication accrue de la communauté internationale dans la recherche de solutions durables à l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le mémorandum recommande en outre la fin des violences sous toutes leurs formes, la protection des populations civiles, le respect du droit international humanitaire ainsi que la poursuite des efforts de paix. Il met aussi en garde contre toute déstabilisation des zones considérées comme stabilisées.
Parmi les manifestants, Éphémère Kasereka a déploré la priorité, selon lui, insuffisante accordée à la sécurité par les autorités de Kinshasa, appelant à une implication effective de la communauté internationale.
« Nous demandons à la communauté internationale de s’impliquer face à cette guerre. La guerre n’apporte pas de développement. Lorsqu’elle sévit, les infrastructures sont détruites et la population souffre. La communauté internationale doit s’impliquer pour restaurer la paix dans notre pays », a-t-il déclaré.
De son côté, Gentil Mulume, membre de la plateforme regroupant la société civile, a présenté les principales motivations de cette mobilisation, insistant sur la nécessité de mettre fin aux violences et de privilégier des solutions politiques.
Le mémorandum dénonce également toute tentative de déstabilisation des zones que les signataires considèrent comme stabilisées, et met en garde contre les conséquences d’une révision de la Constitution dans le contexte actuel.
Les organisations signataires recommandent enfin de privilégier le dialogue politique, de renforcer la protection des populations civiles et de poursuivre les efforts en faveur d’une paix durable dans l’est du pays.
Après le dépôt du mémorandum, les manifestants se sont dispersés dans le calme, tout en promettant de maintenir la pression pour que leurs revendications soient entendues par les autorités nationales et la communauté internationale.
Sandrine Hakiza






